L'administration décide unilatéralement : elle n'a pas besoin de votre accord pour vous refuser un droit, vous sanctionner ou vous imposer une obligation. Le droit administratif est le contrepoids de ce pouvoir — il permet de faire annuler par un juge une décision illégale, et d'obtenir réparation du dommage qu'elle a causé.
Ce contrepoids a un prix : le formalisme. Le contentieux administratif est gouverné par des délais courts et des règles de recevabilité rigides. Le délai de droit commun est de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision — passé ce terme, la décision devient définitive, même manifestement illégale. C'est la première chose que vérifie un avocat, et la première cause d'échec des recours engagés seul.
Deuxième particularité : le silence. L'administration qui ne répond pas prend quand même une décision. En principe, le silence gardé pendant deux mois vaut acceptation, mais les exceptions sont si nombreuses — et listées par décrets — que dans bien des matières le silence vaut au contraire rejet. Savoir ce que produit le silence dans votre situation détermine la date à partir de laquelle court le délai de recours.
Textes. Le contentieux est régi par le Code de justice administrative : délai de recours de deux mois (article R. 421-1), référé-suspension (article L. 521-1), référé-liberté (article L. 521-2, qui impose au juge de statuer sous 48 heures). Les rapports entre le public et l'administration relèvent du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA) : obligation de motiver les décisions défavorables (articles L. 211-2 et suivants), droit d'être entendu avant une mesure défavorable (article L. 122-1), principe du silence valant acceptation au bout de deux mois assorti de très nombreuses exceptions (article L. 231-1, Légifrance). Les agents publics relèvent du Code général de la fonction publique, entré en vigueur le 1er mars 2022, qui codifie à droit constant les anciennes lois statutaires.
Juridictions. Le tribunal administratif est le juge de droit commun en première instance ; la cour administrative d'appel connaît des appels, sous réserve des matières jugées en premier et dernier ressort ; le Conseil d'État statue en cassation, et directement pour certains recours contre les décrets et actes réglementaires ministériels.
Représentation. L'avocat n'est pas obligatoire dans plusieurs contentieux — excès de pouvoir contre certaines décisions, contentieux social, contraventions de grande voirie — mais il l'est en appel et dans les litiges indemnitaires ou contractuels. En pratique, l'absence d'avocat pèse surtout sur la recevabilité et la formulation des moyens.