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Droit ImmobilierDélai de contestation AG : 2 mois

Litige de copropriété : agir efficacement.

Une résolution d'assemblée générale vous lèse, votre syndic est défaillant, ou des charges injustifiées vous sont réclamées. En copropriété, chaque litige a ses propres délais et ses propres règles. Les ignorer, c'est perdre ses droits avant même d'avoir commencé.

1. Le diagnostic du problème

La copropriété est régie par la loi du 10 juillet 1965 et son décret d'application du 17 mars 1967 — un corpus juridique dense qui définit les droits et obligations de chaque copropriétaire, du syndic et du conseil syndical. Les litiges les plus fréquents concernent les charges impayées (réclamées par le syndicat des copropriétaires), les travaux non votés en AG ou mal exécutés, les décisions d'assemblée générale contestables (irrégularités de forme ou de fond), et le syndic défaillant (mauvaise gestion comptable, absence de convocation, non-exécution des décisions).

Le règlement de copropriété est la loi intérieure de l'immeuble : il définit la répartition des charges, les parties communes, les lots, et les règles d'usage. Toute décision qui le contredit ou qui n'a pas été prise selon les majorités requises (art. 24, 25, 26 de la loi de 1965) est susceptible d'annulation.

Délai de forclusion : 2 mois pour contester une décision d'AG

Toute action en annulation d'une résolution d'assemblée générale doit être intentée dans un délai de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal (art. 42, alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965). Passé ce délai, la décision devient définitive et inattaquable, même si elle est irrégulière.

2. Mettre en place les “Premiers Soins”

À appliquer immédiatement

  • Contester une décision d'AG dans les 2 mois.Dès réception du procès-verbal, calculez votre délai. L'action en nullité d'une résolution irrégulière (majorité incorrecte, objet non inscrit à l'ordre du jour, convocation irrégulière) doit être introduite devant le tribunal judiciaire avant l'expiration de ce délai impératif (art. 42 loi 1965).
  • Demander la désignation d'un administrateur provisoire si le syndic est défaillant.En cas de carence grave du syndic (absence de comptabilité, refus de convoquer l'AG, malversations), le tribunal judiciaire peut désigner en référé un administrateur provisoire chargé de gérer la copropriété jusqu'à l'élection d'un nouveau syndic.
  • Exiger la communication des documents comptables.Tout copropriétaire a le droit d'accéder aux documents comptables de la copropriété (budget prévisionnel, comptes approuvés, relevés de charges). Ce droit est garanti par les art. 18 et 21 de la loi de 1965 et les art. 33 et suivants du décret de 1967. En cas de refus du syndic, une mise en demeure formelle précède la saisine du tribunal.
  • Saisir le tribunal judiciaire pour le recouvrement des charges.Le syndicat des copropriétaires peut obtenir une ordonnance d'injonction de payer ou un référé-provision contre un copropriétaire débiteur, puis une hypothèque légale spéciale sur son lot (art. 19 loi 1965), garantie très efficace pour sécuriser la créance.

Ce qui aggrave la situation

  • Cesser de payer ses charges même si en désaccord.Les charges de copropriété sont une dette exigible, indépendante de tout litige en cours sur leur bien-fondé. Les suspendre unilatéralement fait de vous un copropriétaire débiteur exposé à des poursuites, une hypothèque légale sur votre lot et des pénalités. Le litige se règle par voie judiciaire séparée, sans compensation.
  • Réaliser des travaux privatifs affectant les parties communes sans vote AG.Toute modification d'une partie commune (mur porteur, façade, toiture, canalisations principales) ou d'un élément d'aspect extérieur requiert une autorisation votée en AG (art. 25 loi 1965). Des travaux non autorisés exposent à une action en démolition-remise en état à vos frais, dans un délai de 10 ans (art. 42 loi de 1965).
  • Ignorer les convocations d'AG ou ne pas donner de pouvoir.Même absent, vous conservez le droit de contester les résolutions dans le délai de 2 mois (art. 42 loi 1965). Cependant, votre absence vous prive de tout poids dans le vote et rend votre contestation plus difficile à argumenter. Donnez toujours un pouvoir à un mandataire de confiance pour défendre vos intérêts.

3. L'ordonnance légale : Quand consulter ?

Le droit de la copropriété est un droit technique, dominé par des délais courts et des règles de majorité précises dont la méconnaissance est fatale à tout recours. L'avocat intervient sur trois fronts distincts selon votre situation.

Pour la contestation de résolutions d'AG, il rédige l'assignation en nullité avant l'expiration du délai de 2 mois, en identifiant les irrégularités de fond (vote à une majorité insuffisante, objet étranger à l'ordre du jour) ou de forme (convocation tardive, absence de documents obligatoires). Pour le recouvrement de charges côté syndicat, il lance une procédure d'injonction de payer et demande l'inscription d'une hypothèque légale. En cas de syndic défaillant, il saisit le président du tribunal en référé pour obtenir la désignation d'un administrateur provisoire et engage, si nécessaire, une action en responsabilité pour faute de gestion contre le syndic sortant.

Avancez sans payer de frais d'avocat.

La plupart des litiges peuvent être entièrement couverts par votre Assurance Protection Juridique (souvent incluse sans que vous le sachiez dans votre assurance habitation ou votre carte bancaire). Vos factures Allo Avocats peuvent leur être envoyées pour un remboursement intégral.