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Propriété Intellectuelle

Une marque copiée par un concurrent, un logo utilisé sans accord, des photos aspirées sur un site : la propriété intellectuelle n'est plus l'affaire des seuls grands groupes. Créateurs, indépendants, artisans et TPE ont un patrimoine immatériel — souvent leur actif le plus précieux — qui se protège et se défend. Cette fiche s'adresse à eux, côté titulaire comme côté accusé.

Propriété Intellectuelle

Elle transforme des créations en droits opposables : la marque enregistrée confère un monopole d'exploitation sur les produits et services désignés ; l'œuvre de l'esprit est protégée du seul fait de sa création, sans aucun dépôt ; les dessins et modèles et les brevets réservent les créations esthétiques et techniques. À la clé, le droit d'interdire — et de faire payer — l'usage non autorisé.

Mais ces droits ont leurs règles d'entretien, méconnues et impitoyables : une marque non exploitée pendant cinq ans encourt la déchéance ; tolérer sciemment une marque concurrente pendant cinq ans peut fermer l'action ; l'action en contrefaçon elle-même se prescrit par cinq ans. Et la plus coûteuse des méconnaissances est contractuelle : payer une création ne transfère pas les droits — sans cession écrite et conforme, l'entreprise qui a réglé la facture peut ne rien détenir.

Ce droit se pratique dans les deux sens : faire cesser la copie, mais aussi se défendre contre des revendications infondées ou des marques fragiles.

Droit d'auteur. L'auteur d'une œuvre de l'esprit jouit sur celle-ci, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous (article L. 111-1 du Code de la propriété intellectuelle) — aucun dépôt n'est requis, la difficulté étant probatoire. La transmission des droits est subordonnée à la condition que chacun des droits cédés fasse l'objet d'une mention distincte dans l'acte et que le domaine d'exploitation soit délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée (article L. 131-3, Légifrance) ; la cession doit comporter une rémunération appropriée et proportionnelle aux recettes, principe renforcé par la loi du 21 mai 2024.

Marques. L'enregistrement auprès de l'INPI confère un droit exclusif sur le signe pour les produits et services désignés ; l'atteinte à ce droit constitue une contrefaçon engageant la responsabilité civile de son auteur (article L. 716-4). L'action en contrefaçon se prescrit par cinq ans à compter du jour où le titulaire a connu ou aurait dû connaître le dernier fait lui permettant de l'exercer (article L. 716-4-2, Légifrance) ; elle est irrecevable en cas de tolérance de la marque postérieure pendant cinq années consécutives en connaissance de cause, et le défendeur peut exiger la preuve d'un usage sérieux de la marque invoquée au cours des cinq années précédentes, la déchéance sanctionnant le non-usage.

Mesures. La saisie-contrefaçon, autorisée par ordonnance, permet de faire constater et documenter la contrefaçon avant tout procès ; la contrefaçon constitue par ailleurs un délit pénal, puni d'emprisonnement et de lourdes amendes, aggravées notamment en bande organisée.

Juridictions. Le contentieux de la propriété intellectuelle relève de tribunaux judiciaires spécialement désignés, avec représentation par avocat.

Situations concernées

Un concurrent utilise votre nom, votre logo ou un signe très proche.
Vos créations (photos, textes, graphismes, vidéos, musique) circulent sans votre accord.
Vous lancez une activité et voulez sécuriser votre marque et votre nom de domaine.
Vous découvrez qu'une marque identique à la vôtre vient d'être déposée — ou l'inverse : on s'oppose à votre dépôt.
Vous êtes graphiste, photographe, développeur, et un client exploite votre travail au-delà de ce qui était convenu.
Vous êtes l'entreprise : vous avez payé une création et le prestataire vous conteste le droit de l'utiliser.
Vous recevez une mise en demeure ou une assignation pour contrefaçon.
Vos produits sont copiés et vendus en ligne, ou retenus en douane.

Le Conseil de l'Avocat

Le bon moment pour consulter est avant : avant de choisir un nom (la recherche d'antériorités coûte quelques centaines d'euros, le rebranding forcé des dizaines de milliers), avant de signer un contrat de création — dans les deux sens —, et dès la découverte d'une copie. Constituez la preuve immédiatement : captures datées, constats, exemplaires.

Concrètement, l'avocat sécurise l'amont (recherches, dépôts, contrats de cession et de licence conformes) ; conduit les procédures INPI (oppositions, déchéances, nullités) ; mène la lutte contre la contrefaçon — mise en demeure, saisie-contrefaçon, action civile et pénale, retraits en ligne — ou la défense contre elle ; chiffre les préjudices (gains manqués, bénéfices du contrefacteur, préjudice moral) ; et audite les portefeuilles de droits avant les moments de vérité : levée de fonds, cession, litige.

Idée reçue à corriger — la plus chère de toutes : « j'ai payé, donc c'est à moi ». Non : le paiement d'une facture ne transfère aucun droit d'auteur. Sans clause de cession écrite, précise et conforme au Code de la propriété intellectuelle, le graphiste, le photographe ou le développeur reste titulaire — et peut limiter, facturer ou interdire les usages. Dans un sens, c'est le piège des entreprises ; dans l'autre, c'est la protection des créateurs.

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Questions fréquentes — Propriété Intellectuelle

Non pour le droit d'auteur : la protection naît de la création elle-même. Mais il faut pouvoir prouver la date et la paternité — enveloppe Soleau, dépôt chez un huissier ou un tiers horodateur, archives datées. La marque, elle, ne se protège que par l'enregistrement.

Vérifiez vos droits (marque enregistrée ? antériorité d'usage ?), faites constater les faits, puis mise en demeure. Selon les cas : opposition si sa marque est en cours de dépôt, action en contrefaçon, ou concurrence déloyale si aucun titre n'est en jeu.

Pas nécessairement : sans cession écrite précisant les droits, les supports, le territoire et la durée, les droits restent au créateur, qui peut contester des usages non prévus. Faites régulariser une cession conforme — avant le litige, c'est une clause ; après, c'est une négociation.

Ne payez pas et ne cessez pas tout par réflexe : faites analyser le titre adverse (est-il valable ? exploité ? antérieur à vos droits ?) et la réalité de l'atteinte. Nullité, déchéance pour non-usage, tolérance quinquennale ou absence de risque de confusion sont des défenses qui prospèrent.

Signalement via les procédures des plateformes (avec vos titres à l'appui), demandes de retrait, identification des vendeurs, puis action en contrefaçon contre les récidivistes ; la retenue douanière peut bloquer les importations. La rapidité et la systématicité paient.

Cinq ans à compter de la connaissance du dernier fait — mais n'attendez pas : les préjudices s'accumulent, les preuves s'évaporent, et la tolérance prolongée d'une marque concurrente peut, à elle seule, vous fermer l'action. *Note pour l'intégrateur : baliser cette section en données structurées FAQPage (schema.org), une entité Question/Answer par bloc ci-dessus.* --- Vous pouvez décrire votre situation via le formulaire de contact ou prendre rendez-vous au cabinet.

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